Votre empreinte carbone, poste par poste

L’empreinte carbone de votre foyer

J’ai voulu un outil qui ne se contente pas d’afficher un chiffre culpabilisant. Celui-ci calcule vos émissions poste par poste, puis identifie les trois leviers qui comptent vraiment dans votre situation. Parce que le meilleur geste n’est pas le même pour tout le monde.

Le foyer et le logement
Les déplacements

Les vols se comptent par personne du foyer qui voyage. Un aller-retour Paris New York pour deux personnes, c’est deux allers-retours long-courriers.

L’alimentation et la consommation
2 tobjectif 2050 9 tmoyenne française
La répartition, par personne et par an
PosteDétailkg CO2ePart

Vos trois leviers les plus efficaces

    Pourquoi je me méfie des calculateurs carbone

    J’en ai testé une bonne dizaine avant d’écrire celui-ci. La plupart affichent un chiffre, le comparent à une moyenne, et concluent par une liste de conseils identique pour tout le monde. Éteignez les lumières, prenez des douches courtes, triez vos déchets.

    Le problème, c’est que ces conseils ne sont pas classés par impact. Pour un foyer chauffé au fioul dans une maison mal isolée, éteindre les lumières représente une fraction de pourcent des émissions, pendant que le vrai sujet est juste au-dessus de la tête.

    Alors j’ai construit l’outil différemment. Il calcule vos postes, puis il regarde chez vous lequel pèse le plus, et il chiffre ce que chaque changement rapporterait réellement. Pas de liste générique.

    Ce que veut dire neuf tonnes

    C’est l’ordre de grandeur de l’empreinte moyenne d’un Français, émissions importées comprises, c’est-à-dire en comptant le carbone des objets fabriqués ailleurs et consommés ici.

    L’objectif compatible avec l’accord de Paris tourne autour de deux tonnes par personne d’ici 2050. Il faut donc diviser par plus de quatre, et je préfère dire tout de suite que ce n’est pas atteignable uniquement par des gestes individuels.

    Environ un quart de notre empreinte correspond aux services publics collectifs : hôpitaux, écoles, routes, administration. Ce socle représente à lui seul plus d’une tonne par personne, et aucun choix individuel ne l’efface. C’est pour ça qu’il apparaît en clair dans le tableau plutôt que d’être dissimulé dans le total.

    Le logement, et le piège du mode de chauffage

    C’est le poste que je connais le mieux, puisque c’est le sujet de mes études, et c’est aussi celui où je vois passer le plus d’idées reçues.

    Le facteur d’émission varie énormément d’une énergie à l’autre. Le fioul émet plus de cinq fois plus que l’électricité française par kilowattheure consommé. Le gaz, environ quatre fois plus. Une pompe à chaleur bien dimensionnée divise encore par trois la consommation électrique par rapport à des convecteurs, puisqu’elle restitue trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un consommé.

    Mais attention au raisonnement en deux temps que je vois souvent : changer de chaudière sans isoler revient à mieux chauffer une passoire. Sur un logement très mal isolé, l’isolation rapporte davantage que le changement d’énergie, et elle rend en plus le nouveau système moins cher à dimensionner. L’outil compare les deux chiffres pour votre cas précis.

    Une nuance que je dois poser, parce que je ne veux pas raconter n’importe quoi : les soixante grammes par kilowattheure du mix français sont une moyenne annuelle. Lors des pointes hivernales, quand tout le monde chauffe en même temps, on mobilise des moyens de production nettement plus émetteurs. Le chiffre réel d’un chauffage électrique est donc un peu moins flatteur que la moyenne ne le suggère.

    L’avion, le poste qui écrase tous les autres

    Un aller-retour long-courrier, c’est plus de deux tonnes par passager. Autrement dit, à lui seul, l’objectif annuel entier.

    Ces chiffres intègrent l’effet des traînées de condensation, qui environ double l’impact du seul carburant brûlé. C’est un point encore débattu dans son ampleur exacte, mais son existence ne l’est pas.

    Je ne vais pas donner de leçon là-dessus, j’ai moi-même de la famille loin et je sais ce que ça veut dire. Ce que je peux faire, c’est afficher le chiffre en clair et vous laisser arbitrer en connaissance de cause.

    L’alimentation, le poste le plus facile à bouger

    Entre un régime avec de la viande à presque tous les repas et un régime flexitarien, l’écart dépasse une tonne par personne et par an.

    Et c’est le seul levier de cette ampleur qui ne demande ni investissement, ni travaux, ni renoncement définitif. On peut décider ce soir de remplacer trois repas carnés par semaine, et l’effet est immédiat. C’est aussi le geste le plus réversible, ce qui rend l’essai peu risqué.

    La viande de bœuf pèse à elle seule une part disproportionnée du poste, très loin devant la volaille ou les œufs. Réduire le bœuf sans devenir végétarien capture déjà une bonne partie du gain.

    Ce que je n’ai pas mis dans l’outil

    Le tri des déchets, les douches courtes, les ampoules. Non pas que ce soit inutile, ces gestes ont du sens et j’y tiens, mais leur impact carbone se compte en dizaines de kilos quand les postes ci-dessus se comptent en tonnes.

    Les mettre au même niveau donnerait une fausse idée des ordres de grandeur, et je crois que c’est exactement ce qui décourage les gens. On fait des efforts visibles sur des postes minuscules, on ne voit pas le chiffre bouger, et on abandonne.

    Mieux vaut savoir où sont vos deux tonnes que compter vos ampoules.

    Questions fréquentes

    Quelle est l’empreinte carbone moyenne d’un Français ?

    Elle se situe autour de neuf tonnes équivalent CO2 par personne et par an, en comptant les émissions importées liées aux biens fabriqués à l’étranger. Cette moyenne recouvre des écarts considérables selon le mode de chauffage, la distance domicile-travail et la fréquence des vols. L’objectif compatible avec l’accord de Paris se situe autour de deux tonnes par personne à l’horizon 2050, ce qui suppose une division par plus de quatre.

    Quel poste pèse le plus dans l’empreinte carbone d’un foyer ?

    Cela dépend entièrement de la situation, et c’est pour cela qu’une réponse générale ne sert à rien. Pour un foyer chauffé au fioul dans une maison mal isolée, le logement domine largement. Pour un foyer qui prend l’avion deux fois par an, un seul aller-retour long-courrier peut dépasser tout le reste du budget carbone annuel. Pour un foyer urbain sans voiture et chauffé à l’électricité, c’est l’alimentation et les biens de consommation qui arrivent en tête.

    Combien émet un aller-retour en avion ?

    Un aller-retour européen représente en ordre de grandeur 500 kilos équivalent CO2 par passager, et un aller-retour long-courrier intercontinental dépasse deux tonnes. Ces chiffres intègrent l’effet des traînées de condensation en altitude, qui environ double l’impact du seul carburant brûlé. Un seul long-courrier annuel suffit donc à dépasser l’objectif de deux tonnes par personne, tous autres postes confondus.

    L’électricité française est-elle vraiment peu carbonée ?

    Le mix électrique français émet environ soixante grammes de CO2 par kilowattheure, soit près de quatre fois moins que la moyenne européenne, grâce à la part du nucléaire et de l’hydraulique. Cela ne rend pas la consommation électrique neutre pour autant : le chauffage électrique reste le premier poste d’un logement mal isolé, et les pointes hivernales mobilisent des moyens de production nettement plus émetteurs que la moyenne annuelle.

    Peut-on descendre à deux tonnes de CO2 par personne ?

    Pas par les seuls gestes individuels. Environ un quart de l’empreinte d’un Français correspond aux services publics collectifs, santé, éducation, infrastructures, sur lesquels un particulier n’a aucune prise directe. Ce socle représente à lui seul plus d’une tonne. Les choix individuels portent donc sur les trois quarts restants, ce qui reste considérable, mais l’objectif suppose aussi une transformation des systèmes de production et de transport.